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Découvertes

Yolande Rapoport (1923-2017)

Yolande Rapoport (avec l'aimable autorisation de la famille de Yolande Rapoport)

Yolande Gerbaud suit sa scolarité à La Châtre. Début 1941, deux anciens camarades viennent la voir pour lui proposer de créer un groupe de résistance. C'est la naissance du groupe "des Collégiens de La Châtre" avec comme lieu de réunion la maison des parents de Yolande. Les premiers tracts du groupe des collégiens, écrits à la main, sont distribués la nuit à La Châtre.

Mais l'activité du groupe des collégiens ne s’arrêtait pas là puisque grâce à la proximité de l'usine à gaz, voisine de la maison de Yolande, il leur fut possible d'employer le résidu de la fabrication du gaz "goudron" pour faire des inscriptions contre l'occupant et le régime de Vichy sur les murs de la ville, et des croix gammées sur les portes des collaborateurs.

Le groupe des collégiens prend contact avec le créateur de l'Armée Secrète à La Châtre et avec le responsable du parti communiste. Yolande choisit d’adhérer aux Jeunesses Communistes dont elle deviendra l'agent de liaison. Son travail consistera à porter plusieurs fois par semaine des messages à Châteauroux et à Guéret.

Le 11 juin, 1944 Yolande rejoint le maquis FTPF (francs-tireurs et partisans français) avec d'autres camarades à Jeu-les-Bois. Le lendemain matin, la ferme où se trouvent les maquisards est attaquée, 19 FTP y perdront la vie. Malgré l'encerclement, Yolande réussira à rejoindre la forêt et à se cacher. Ce n'est que le lendemain qu'elle rejoindra, seule, le maquis du Virolan. Du Virolan avec d'autres rescapés FTP de Jeu-les-Bois, Yolande rejoint les maquis FTPF de Dampierre. Et là, elle continue son travail d'agent de liaison allant souvent, toujours en vélo, à Argenton, Châteauroux, et d'autres lieux du département.

Le 10 septembre 1944, c'est la libération de Châteauroux et du département de l'Indre. Yolande avec une amie avec qui elle a tout partagé, veut s'engager comme ambulancière sur le front d'Alsace. Mais l’état major en a décidé autrement et l'envoie avec son amie au Bureau du Chiffre, à la caserne de la Visitation à Limoges. Elles y resteront jusqu’à la fin de la guerre.

Yolande se marie avec Bernard Rapoport et s'installe à La Châtre. Elle votera pour la première fois à la Libération, et avec d'autres résistantes, elles créeront le Comité de La Châtre de l'Union des Femmes Françaises, association qui prit la suite des Comités féminins de la Résistance. Le but en était la défense des droits des femmes et la paix dans le monde.

Avec son organisation, elle a été à la pointe des combats pour les droits des femmes qui portaient notamment sur l’octroi du livret de famille pour les mères célibataires, l'autorité partagée entre les deux conjoints sur les enfants, la loi sur l'égalité des salaires, l'interruption volontaire de grossesse ou le divorce par consentement mutuel.

Engagée dans la vie locale de La Châtre, ses combats se portaient aussi à l’international, pour la collecte des signatures pour l'Appel de Stockholm, contre l'armement atomique, contre la condamnation des époux Rosenberg, contre les guerres de Corée, du Viet-Nam et d'Algérie.

En 1996, l'Union des Femmes Françaises est devenue Femmes Solidaires avec le même idéal de défense de la cause des Femmes.

 

(Dossier préparé par Valérie Durand, déléguée départementale aux droits des femmes et à l'égalité entre les femmes et les hommes / DDCSPP) - Photographie reproduite avec l'aimable autorisation de la famille de Mme Yolande Rapoport.


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