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Gisèle Barbotin (1900-1957)

Gisèle Barbotin - Cliché Dorsand, photographe à Châteauroux, pour le recueil de Gisèle Barbotin "Toute vie a son charme" (1933).

Gisèle Barbotin est née à Argenton sur Creuse le 8 août 1900 dans une famille d’artisan. Elle commence très jeune la poésie, elle aime les arts et dessine et peint. Mais la première guerre mondiale l’obligera à arrêter ses études à 14 ans et à aller travailler.

 

En 1919, elle se mariera avec Abel Anatole qu’elle a rencontré à Vatan chez ses grands-parents maternels.

 

Le couple vivra en Seine-et-Marne, reviendra à Issoudun et repartira dans l’Yonne. Gisèle anime des soirées auxquelles participent les notables, elle chante et joue de la mandoline. Gisèle continuera à lire, écrire et à tisser des liens avec d’autres écrivains, des poètes et des directeurs de revues. Et en 1928 elle deviendra membre de la Société des gens de lettres.

 

En 1932, Gisèle revient à Argenton sur Creuse et se consacre à l’édition de son œuvre. En 1933 paraît « Toute vie à son charme » et en 1935 «  La douleur dans l’amour ». Ces recueils publiés par la revue du Centre rencontrent un grand succès régional, voire national, au travers d’articles dans des revues littéraires.

 

Son œuvre utilise les ressorts du romantisme, la nature omniprésente révèle les tourments de la passion et des blessures de la vie.

 

Dans une interview de 1934, Gisèle confie son envie de s’évader pour pouvoir exprimer ce quelle a dans le cœur.

 

En 1937, elle part à Paris et pendant 2 ans elle développera ses réseaux littéraires et fera connaissance avec les pionniers de la télévision et de la radio.

 

En 1947, après l’écriture de nouveaux recueils, Gisèle devient hémiplégique. Elle s’éteindra en 1958 à Limoges et repose à Argenton sur Creuse sa ville natale, qu’elle magnifiait par ses vers.

 

(Dossier préparé par Valérie Durand, déléguée départementale aux droits des femmes et à l'égalité entre les femmes et les hommes / DDCSPP)

LA VENISE DU BERRY

 

"Venise du Berry", c’est ainsi qu’on t’appelle,

Ô mon pays !

Et la Gloire à ce nom piqua son immortelle
Quand George Sand rêvait au fond de tes taillis.

Le soleil est plus doux en tes prés, le feuillage
Des peupliers y penche un frémissant ombrage
Où l’oiseau de printemps se plaît à voltiger ;
Et sur la Creuse où flotte un rêve plus léger,
Les bateaux pleins d’amour, de rires et de femmes
Glissent dans la lumière au bercement des rames.
Tes couchants, dans mes yeux, ont laissé leur clarté,
Les fraises de tes bois ont coloré ma lèvre,
L’amour de George Sand m’apprit la volupté,
Musset la poésie où la douleur s’enfièvre,
Le romantisme épars en tes coins inconnus,
L’onde tiède où l’enfant agite ses pieds nus,
Les chemins détournés, presque noirs sous l’ombrage,
Le rocher où fleurit le rose œillet sauvage ;
Doux ensemble où le cœur s’élance à chaque pas,
Heureux de se donner, de sentir, heureux d’être ;
Et plus que mes parents me berçant dans leurs bras,
"Venise du Berry", c’est toi qui me fis naître.

 

Extrait de Toute vie a son charme


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