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Découvertes

Jean Méry (1645-1722), chirurgien

Jean Mery (Archives départementales de l'Indre, 48 J 2 B 1813)

Jean Méry, chirurgien, fut membre de l’Académie royale des sciences dans la section d'anatomie. Quelque peu oublié de nos jours, il est né le 6 janvier 1645 à Vatan et mourut à Paris le 3 novembre 1722. Il était le fils de Jeanne Moret et de Jean Méry, lui-même maître chirurgien en Berry, et qui lui enseigna d’ailleurs cette science

Jean Méry commença des études classiques et poursuivit rapidement vers la chirurgie. Arrivé à Paris à l'âge de 18 ans, il s'inscrivit à l'Hôtel-Dieu, car cet établissement était au milieu du XVIIe siècle la meilleure école de chirurgie.

En 1681, à la demande de Guillaume Lamy, docteur en médecine de la faculté de Paris, il publie ses travaux de recherche concernant la description de l'oreille et du nerf auditif en particulier. Cet ouvrage fut intitulé Explication méchanique et physique des fonctions de l'âme sensitive ou Des sens, des passions et du mouvement volontaire. Pour la réalisation de cette étude, il pratiqua de nombreuses dissections sur des sujets de différents âges. Ces analyses furent brillantes et accompagnées de gravures. Grâce à ses découvertes, sa réputation fut établie. Il démissionna de l'Hôtel-Dieu peu de temps après. Reçu maître chirurgien à la fin de l’année 1681, il fut nommé chirurgien de la reine Marie-Thérèse.

En 1683, il fut nommé chirurgien-major des Invalides, et conserva ce poste jusqu'en 1707 lorsqu'il fut remplacé par Morand. Parallèlement, il devint chirurgien du duc de Bourgogne en 1684 et la reine du Portugal l’appela auprès d’elle. À son retour du Portugal, il fut reçu en tant qu’anatomiste à l'Académie royale des sciences, le 19 avril 1684.

Alors qu'il n'avait pas présenté sa candidature, il fut nommé premier chirurgien de l'Hôtel-Dieu en 1700. Il décida alors de faire construire un amphithéâtre pour enseigner aux élèves l'anatomie et la chirurgie. Cet amphithéâtre fut cité dans les registres de l'Hôtel-Dieu en 1703. Jean Méry reçut alors plus de 100 chirurgiens externes inscrits dans son service. Il essaya de combler par des conférences les lacunes existant dans l'enseignement de l'anatomie et de la chirurgie.

L'essentiel de ses travaux sont décrits dans les Mémoires de l'Académie royale des sciences. Il assista pendant 36 ans à toutes les séances de l'Académie. En dehors des écrits dans les Mémoires, il ne rédigea que deux publications sur la taille et la circulation du sang chez le fœtus. Il eut comme élèves de jeunes médecins dont Rouhault, Helvétius, Winslow, entre autres.

On attribue à Jean Méry des propos excessifs liés aux idées physiologiques de son temps et à des interprétations erronées ayant cours à son époque. Mais ses travaux sur le fœtus demeurent la partie la plus importante de son œuvre de chirurgien.

Jean Mery (Archives départementales de l'Indre, 48 J 2 B 1813)

en savoir plus

Mémoires de l'Académie royale des sciences (consultables en ligne sur Gallica)

  • De la manière dont la circulation du sang se fait dans le fœtus, dans Mémoires de l'Académie royale des sciences depuis 1666 jusqu'en 1699, La Compagnie des libraires, Paris, 1730, tome 10, p. 65-67
  • Pour quoi le fœtus et le fœtus vivent très longtemps sans respirer, dans Mémoires de l'Académie royale des sciences depuis 1666 jusqu'en 1699, La Compagnie des libraires, Paris, 1730, tome 10, p. 271-275
  • Observation de deux fœtus enfermez dans une même enveloppe, dans Mémoires de l'Académie royale des sciences depuis 1666 jusqu'en 1699, La Compagnie des libraires, Paris, 1730, tome 10, p. 324-325
  • Pourquoi la respiration est nécessaire pour entretenir la vie de l'Homme depuis qu'il est sorti du sein de sa mère, & même lorsqu'il y est encore enfermé, & qu'au contraire la tortue peut vivre très longtemps sans respirer, dans Mémoires de l'Académie royale des sciences depuis 1666 jusqu'en 1699, La Compagnie des libraires, Paris, 1730, tome 10, p. 386-397
  • Observations sur la Peau du Pélican, dans Mémoires de l'Académie royale des sciences depuis 1666 jusqu'en 1699, La Compagnie des libraires, Paris, 1730, tome 10, p. 433-438
  • Observations anatomiques faites par M. Mery de l'Académie Royale des Sciences, & chirurgien major des Invalides, dans Mémoires de l'Académie royale des sciences depuis 1666 jusqu'en 1699, La Compagnie des libraires, Paris, 1730, tome 10, p. 656-657
  • Observation faite dans l'Hôtel Royal des Invalides, sur le corps d'un Soldat mort à l'âge de 72 ans, dans Mémoires de l'Académie royale des sciences depuis 1666 jusqu'en 1699, La Compagnie des libraires, Paris, 1730, tome 10, p. 731-733

Histoire de l'Académie royale des sciences

  • Sur la peau de la grenouille, 1684, dans Histoire de l'Académie royale des sciences depuis son établissement en 1666 jusqu'à 1686, chez Gabriel Martin, Paris, 1733, tome 1, p. 259-260
  • Diverses observations anatomiques, 1684, dans Histoire de l'Académie royale des sciences depuis son établissement en 1666 jusqu'à 1686, chez Gabriel Martin, Paris, 1733, tome 1, p. 260-261
  • Diverses observations anatomiques, 1685, dans Histoire de l'Académie royale des sciences depuis son établissement en 1666 jusqu'à 1686, chez Gabriel Martin, Paris, 1733, tome 1, p. 277-278
  • Question physique : S'il est vrai que l'air qui entre dans les vaisseaux sanguins par le moyen de la respiration, s'échappe par les vapeurs & les sueurs, par les pores insensibles de la peau, dans Histoire de l'Académie royale des sciences - 1700, chez Gabriel Martin, Paris, 1761, p. 217-223
  • MERY, dans Table générale des matières contenues dans l'« Histoire » et dans les « Mémoires de l'Académie royale des sciences », La Compagnie des libraires, Paris, 1734, tome 1, (1666-1698), p. 210-212
  • MERY, dans Table générale des matières contenues dans l’« Histoire » et dans les « Mémoires de l'Académie royale des sciences », La Compagnie des libraires, Paris, 1729, tome 2, (1699-1710), p. 416-419
  • MERY, dans Table générale des matières contenues dans l'« Histoire » et dans les « Mémoires de l'Académie royale des sciences », La Compagnie des libraires, Paris, 1731, tome 3, (1711-1720), p. 229-230 (lire en ligne) [archive]
  • MERY, dans Table générale des matières contenues dans l'« Histoire » et dans les « Mémoires de l'Académie royale des sciences », La Compagnie des libraires, Paris, 1734, tome 4, (1721-1730), p. 223-224

Bibliographie

  • Fontenelle, Éloge de M. Méry, dans Histoire de l'Académie royale des sciences - Année 1722, Imprimerie royale, Paris, 1724, p. 129-135
  • Œuvres complètes (anatomie, physiologie, chirurgie) de Jean Méry réunies et publiées par le Dr Louis-Henri Petit, Félix Alcan éditeur, Paris, 1888

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