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Découvertes

Paul Rue (1866-1954), peintre de la poésie berrichonne

Paul Rue, photographie de Boissonnas et Taponier

Paul Rue, peintre de la poésie berrichonne

Paul Rue est né le 8 octobre 1866 à Châteauroux ; son grand-père Paul-Joseph, notaire, a été maire de Châteauroux en 1848, puis de 1865 à 1870.

Après le décès de son père, sa mère se remarie avec Charles Nigond. Le couple aura un fils, Gabriel, le futur écrivain et poète qui était ainsi son demi-frère. Paul fait ses études à Châteauroux, mais il aime surtout la campagne, en particulier la région de Tendu, et le Broutet, fief paternel. Ce n’est qu’à l’âge de quarante ans qu’il se lance dans la peinture.

En 1913, il devient membre de la Société des artistes français. Tout en ayant obtenu une médaille au Salon de 1916, il préfère exposer régulièrement dans le Berry et notamment à Châteauroux, comme en témoignent les catalogues d’exposition de 1920 à 1937. Toutefois, il expose aussi à Tours, au foyer du cinéma le Sélect-Palace entre mars et avril 1924. À Châteauroux, ses expositions étaient présentées au foyer du théâtre de la ville. En 1953, il expose 74 de ses œuvres au musée Bertrand : la presse souligne alors que l’exposition Paul Rue compte « parmi les plus grandes manifestations artistiques de l’année » (Arch. dépt. Indre, fonds J. Thibault 48 J 5C 1265 (18)). Par ailleurs il est nommé, par arrêté du ministre de l‘Instruction publique et des Beaux-Arts du 28 mars 1923, membre du Comité régional des Arts appliqués de Bourges pour une durée de trois ans reconductible. Il rejoint au sein de ce comité « une valeureuse pléiade d’artistes », selon l’expression de Guy Vanhor dans un article de « La Gazette Berrichonne » de 1934 (Arch. dépt. Indre, fonds J. Thibault 48 J 5C 1265 (5)) : Ernest Nivet, Bernard Naudin, Fernand et Fernande Maillaud. Depuis 1919, le comité organise des concours et de nombreuses expositions parmi lesquelles, en 1921, sur les arts du feu en Berry, en 1922 sur le décor des tissus, en 1923 sur le livre ancien et moderne, en 1924 sur l’art du métal, en 1925 sur le meuble d’art ancien en Berry, en 1926 sur la céramique moderne… En outre, cinq expositions de peintures de décembre 1927 à mai 1928 sont accompagnées de douze conférences (Arch. dépt. Indre, 4 T 206).

Les sujets favoris de Paul Rue sont les paysages campagnards de la Creuse, de la Corrèze et du Berry, de la Vallée Noire à la Brenne, en passant par la région de Châteauroux. Il représente les travailleurs de la terre et les bûcherons. Il est très influencé par l’œuvre de Fernand Maillaud et le givre, la brume, la neige, les atmosphères mélancoliques imprègnent son œuvre. Également poète et illustrateur, il sera tout naturellement désigné pour exécuter les 10 petits tableaux des Contes de la Limousine, textes signés de son demi-frère Gabriel Nigond (Arch. dépt. Indre, fonds J. Thibault 48 J 5C 1051).

Maire de Saint-Martin-de-Lamps durant seize ans, il s’installe dans une propriété au Poinçonnet, Les Divers, où il s’éteindra le 26 mai 1954. Il fut vice-président de l’Académie du Centre et de la commission du musée. Très populaire, apprécié de ses contemporains, il fut d’ailleurs mis à l’honneur par ses amis lors d’une grande fête en 1948 à Verneuil-sur-Igneraie à l’occasion d’une exposition des arts régionalistes, lors d’une représentation théâtrale et folklorique avec Jean-Louis Boncœur dont la presse se fit largement l’écho (Arch. dépt. Indre, fonds J. Thibault 48 J 5C 1265 (8-12)). Il fut nommé chevalier de la légion d’honneur au tire des Beaux-Arts en 1953.

Des œuvres de Paul Rue sont notamment conservées au musée Bertrand de Châteauroux, au musée de La Châtre et à l’hôtel de la préfecture, résidence des préfets de l’Indre.


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