Bac de passage avec propulseur amovible
Un projet pour le Service des Ponts-et-Chaussées à Eguzon
"Il faut transporter une voiture attelée à deux chevaux et 10 passagers." Voilà la commande des Services des Ponts-et-Chaussées. Un bac de passage « alimenté par un petit moteur à pétrole » est nécessaire. Il doit permettre de franchir, en toute sécurité et en l’absence de pont, le lac d'Eguzon car le pont de Chambon est sous les eaux et les autorités n’envisagent pas la construction d’un nouveau, celui de Crozant devant convenir au trafic.
Le 8 août 1923, l’entreprise Les Ateliers Thomas de Compiègne transmettent le plan de leur projet. Ce type de bac de passage fonctionne déjà sur l’Oise et l’Aisne. Équipé d’un propulseur amovible type « Motogodille » à essence, le gouvernail permet d’avancer et de reculer. Toutefois le fournisseur interroge sur la vitesse du courant de l’eau dans la partie à franchir afin d’adapter au mieux la puissance du moteur. Le bac fait 12 m de long ; le creux est porté à 1,30 m de façon à augmenter le franc-bord et la sécurité du transport sous la charge des 7 tonnes comme convenu. Son coût s’élève à 20 000 francs auxquels il convient d’ajouter le coût du moteur, le remontage et le rivetage du bac sur place. Il faut enfin compter 2 à 3 mois pour les délais de livraisons. Projet trop cher ? Rien n'indique les raisons du rejet de cette proposition, mais le bac de passage des Ateliers Thomas n’a jamais été livré pour franchir la Creuse.