Le barrage entre 1939 et 1945
Durant la Seconde Guerre mondiale, le barrage produit l’électricité pour de nombreuses usines de la région parisienne, enjeu majeur pour les autorités de Vichy et l'occupant allemand. C’est un centre névralgique où les lignes à hautes tensions sont stratégiques. La sécurité du site est donc primordiale, comme en témoigne cette sentinelle postée devant les installations.
Des centaines de sabotages organisés par la résistance ont lieu durant l’Occupation, et le premier attentat se déroule justement en octobre 1942 tout près d’Eguzon. En 1943, il est dénombré 35 sabotages avec plusieurs pylônes abattus. L’un d’eux, opéré en décembre 1943, est resté gravé dans les mémoires sous le nom de « La Nuit bleue ». L’ensemble de la région parisienne s'est alors trouvée plongée dans le noir.
En 1944, suite au Débarquement, le barrage reste une cible, toutefois les craintes ne sont désormais plus tournées vers les résistants, mais vers les Allemands en retraite, qui pourraient détruire le barrage dans un contexte de politique de "terre brûlée". Opération qui n’eut jamais lieu, grâce à la vigilance de la résistance locale et des Américains.