Coupe transversale du barrage, un géant de maçonnerie
À partir du 19 mai 1924, pour accélérer la construction du barrage d’Eguzon, le chantier vit 24 heures sur 24. Trois équipes se relaient alternativement. À cette date, ce sont plus de 1000 ouvriers qui vivent sur le site et bâtissent le plus grand barrage d’Europe. À l’été 1924, la charpente est posée sur le toit de l’usine. Toutefois, au contraire du plan, le toit terrasse disparaît au profit d’un toit à deux pans. Un incident en septembre oblige l’entreprise Chagnaud à davantage de prudence mais, afin d'augmenter la production du barrage, les plans sont peu à peu modifiés : en décembre 1924, le barrage fait 30 m de haut, et en mars 1925 il en fait 40.
Ce plan est le témoignage qui constitue le septième et dernier grand projet. Le barrage a encore grandi pour atteindre 61,11 m de haut, 300 m de long, et 51 m à sa base. En conséquence, la chute aussi a augmenté puisqu’elle s’élèvera désormais à 58,40 m. Le volume d’eau accumulé derrière le barrage est impressionnant : 54 millions de m³. D’ailleurs on profite des crues de l’hiver 1925-1926 pour « tester » le monument. Mais le 25 avril 1925, à la suite d’une crue plus forte que les autres, l’eau atteint sa cote d’alerte et il faut faire fonctionner le déversoir. La construction a bougé de 2,5 cm en son centre, de larges plaques humides suintent, le barrage fuit ! Peu à peu, naturellement, les brèches se colmatent. Aux alentours du 13 mai 1924 a lieu la mise en marche provisoire de l’usine. Le 17 juin, par l’intermédiaire de Gennevilliers, Paris était alimentée pour la première fois par l’électricité d’Eguzon !